Sanogo – Prasitharath : [2/4] Le futsal

Avant le derby ce samedi, Bamba Sanogo (UJS Toulouse) et Anousone Prasitharath (Bruguières SC), deux joueurs d’expérience, ont répondu à nos questions. On s’intéresse désormais à leur discipline et son développement en France.

Quelles sont les qualités d’un bon futsaleur ?

Bamba Sanogo : C’est la tête surtout. Garder la tête sur le terrain. Le score, l’attitude de l’équipe adverse, faut gérer le match en fonction de ça. Il y a des temps forts, des temps faibles, il faut les gérer. Il faut garder le cerveau actif quand tu joues.

Anousone Prastitharath : Un futsaleur, il doit pouvoir être meneur de jeu sur un terrain à onze. N’importe quel joueur de futsal doit faire le jeu. Il doit avoir cette qualité de vision de jeu, de voir le jeu vite, d’être technique. C’est surtout ça, avoir une bonne qualité de vision. C’est particulièrement vrai à mon poste [pivot défensif] puisque le jeu est face à moi.

Vu que Ben Yedder n’est pas convoqué en équipe de France de football, il pourrait encore revenir en équipe de France de futsal ?

Bamba Sanogo : Mais carrément ! J’ai joué avec lui, il est impressionnant. Ma première année à Garges, il était encore là-bas du coup on a fait un an ensemble. Je le voyais, je le trouvais impressionnant : pied droit ou pied gauche, il te faisait les mêmes feintes, les mêmes buts. C’était affolant. Je disais à mes potes : « lui, s’il ne finit pas pro, je ne comprends pas ». On voit ce qu’il a fait en Ligue des Champions récemment. Ça fait longtemps qu’il toque à la porte et qu’on ne le calcule pas. Et encore, pour moi, tel que je l’ai vu jouer, il ne montre encore pas tout. Il peut être largement plus fort. Lui et le petit Mahrez, deux gros joueurs.

Anousone Prastitharath : Ce serait bien pour l’équipe de France mais je pense qu’il serait perdu quand même. Ça a changé depuis l’époque où il y était. La qualité intrinsèque du joueur faisait la différence. Maintenant, toutes les équipes sont préparées tactiquement et il y a moins d’espaces pour dribbler. Même si c’est un joueur très très fort – il est venu de temps en temps s’entraîner avec nous, on l’a vu qu’il était quand même au-dessus – niveau tactique, déplacements, il aurait un temps d’adaptation, comme il l’a fait à onze. Il réussirait quand même. On en aurait bien besoin.

L’équipe de France est qualifiée pour l’Euro 2018 ; la FFF candidate pour accueillir l’Euro 2022. Ça y est, le futsal prend vraiment en France ?

Bamba Sanogo : J’espère mais ce n’est pas la première fois qu’on entend, qu’il y a des choses qui se passent. C’est vrai que plus les années passent, on le voit : les matchs commencent à passer à la télé. Il y a du mieux. Après, il serait temps que la FFF, pour moi, elle se réveille et qu’elle mette les moyens parce que je vois des clubs de Ligue 1 comme le mien galérer financièrement. C’est l’élite du futsal français, je trouve ça un peu limite. Mais je pense qu’avec le temps ça ira.

Anousone Prastitharath : On espère tous parce que ça fait quelques années qu’on en parle. Quand j’étais en sélection [2012-2013], Pierre Jacky voulait développer le futsal. On disait que ça passerait pro dans deux, trois ans mais c’est déjà passé. Il y a des petits accrocs avec la fédé qui font qu’on n’arrive pas à passer le cap. Du fait de la qualification, les choses vont peut-être s’accélérer. En tout cas on espère tous. C’est plaisant, on a du monde à chaque fois au match.

Anousone, pour en revenir à l’équipe de France, qu’est-ce-qui a changé depuis ton passage, vu de l’extérieur ?

Anousone Prastitharath : Je pense qu’il y a un bon groupe avec une bonne cohésion. Les joueurs mouillent le maillot. Je ne vais pas dire qu’avant ils ne le mouillaient pas mais je pense que certains pensait plus à leur gueule qu’à l’équipe. Le coach en a enlevé certains pour garder vraiment ceux qui avaient la mentalité et qui veulent avancer en équipe.

Est-ce-une bonne chose pour le futsal toulousain qu’il y ait deux clubs en D1 ?

Anousone Prastitharath : En tant que joueur, c’est bien. Déjà, ça fait un déplacement en moins. [rires] C’est bien qu’il y ait deux clubs : ça fait toujours plus parler du futsal dans la région. Quand il n’y en a qu’un, parfois on n’en entend pas parler. L’UJS qui est à Toulouse, vraiment, peut promouvoir le futsal.

Vous jouez au Palais des Sports de Toulon (4.700 places), à l’Arena de Montpellier (10.000 places). Et ici, on est dans une petite salle, il n’y a pas de public toulousain pour le futsal ?

Bamba Sanogo : Si ! On a plus des fidèles qu’un gros public. On a un bon public, on a été élu meilleur public de D2 deux années d’affilée, je crois, c’est dire qu’il y a de l’ambiance. Au Petit Palais des Sports, avec un peu de pub et tout, ça pourrait intéresser pas mal de Toulousains. C’est un sport qui est beau à regarder, qui est agréable. Du coup, avec une bonne promo, un peu de pub, un lieu qui s’y prête comme le Petit Palais des Sports, il y a moyen de faire carton plein, je crois. On regarde Montpellier, Toulon. Quand ils le font bien avec leur communication, ça se passe bien, il y a du monde.

Anousone Prastitharath : Quand on joue au Palais des Sports, on arrive à ramener plus de monde. Je connais des gens qui me disent que Bruguières ça fait loin alors qu’à Compans-Caffarelli, ils prennent le métro et ils y sont. C’est le déplacement qui les embête, sinon ils adorent venir nous voir.

 

Retrouvez le premier chapitre : Présentations.

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