Toulouse Armwrestling Club : une discipline de fer

Installé aux Minimes, le Toulouse Armwrestling Club (TAC) donne ses lettres de noblesses au bras de fer. Dans un mois, quatre de ses membres participeront aux Championnats de France de la discipline.
Reportage sur leur préparation, à rebours des clichés.

« Le judo de bras », voilà comment Pauline Castillo décrit le bras de fer. La présidente du TAC n’est jamais à court d’argument pour défendre la passion qui l’anime. Deux fois par semaine, les onze adhérents du club s’entrainent dans la salle de CrossFit Minimes. Le décor est industriel, les barres d’haltérophilie rebondissent avec fracas sur le sol. Sous les cages de traction, les adeptes de ce judo sans kimono s’échauffent les poignets. Trop souvent relégué aux piliers de bar, le bras de fer demande néanmoins bien plus que de la poigne. Contrairement aux idées reçues, tout le corps est mobilisé pendant un combat, le haut comme le bas. « Avoir de bons appuis au niveau des jambes est primordial pour prendre le dessus sur l’adversaire. Notre préparation est autant technique que physique. » explique, la jeune femme aux allures de Pin-Up des années 50. Blonde platine coiffée d’un bandana rose, Pauline Castillo est bien loin des clichés associés à cette discipline on ne peut plus masculine. Pourtant, le polaroid tatoué sur son biceps gauche ne tremble pas quand il s’agit d’affronter Jean à l’entrainement. Du haut de son mètre quatre-vingt-quinze, il a de quoi impressionner. Arrivé de Roumanie en 2014, cet ancien gymnaste s’apprête à concourir dans la catégorie professionnel -110kg aux Championnats de France. « Il y a beaucoup de clubs dans la région parisienne. La concurrence sera rude mais je vise la première place du podium. » avoue-t-il presque gêné par son audace.

« Un sport codifié avec des règles strictes »

Sur les tables, les exercices techniques s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Les positions des doigts, des hanches, des épaules sont peaufinées. Jean est opposé à Bastien, les deux hommes exercent leur capacité à débuter le combat au signal donné. « C’est un sport codifié avec des règles strictes. En compétition, le duel ne dure qu’entre cinq et huit secondes. C’est très court ! Il faut donc faire preuve de réactivité pour dominer son concurrent. » commente la présidente du TAC. Trois clefs de bras doivent être maîtrisées par les compétiteurs : le hook, le top roll et la press. Chacune d’elle renvoie à une prise de main spécifique. Bastien a fait du hook sa spécialité. Ce rugbyman de vingt-quatre ans a commencé le bras de fer peu de temps après l’ouverture du club toulousain : « Je me suis découvert une passion. Malgré ce que les gens peuvent penser, cette activité provoque une vraie dépense énergétique. » Motivé par ses rapides progrès, il espère décrocher une médaille dans la catégorie amateur -110kg lors du tournoi national du 3 mars prochain. Le compte à rebours est lancé. Pauline, Jean et Bastien s’entraîneront jusqu’à 21 heures ce soir-là, conscients que leur sport impose une discipline de fer.

Pauline Castillo, présidente du Toulouse Armwrestling Club

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