TO XIII : Mourad Kriouache, les copains d’abord.

Il est le seul joueur du TO XIII à avoir joué dans toutes les catégories d’âge du club. À 26 ans, Mourad Kriouache ne se voit pas défendre d’autres couleurs que les bleus et blanches. Rencontre.

Le rugby, il aime bien. Mais ce qu’il préfère, ce sont les copains. « Je ne me verrais pas me lever rugby et repartir à la maison. Ici, on s’entraine, on rigole, on est content de se voir ». En ce matin d’entrainement, Mourad Kriouache a le sourire. Sur le stade Toulouse-Lautrec, entre deux exercices, ça chambre. « Venez à l’entrainement, vous verrez qu’on s’entend tous bien », lance-t-il.

Mourad Kriouache — Photo Luc Brisson

Il faut dire que le demi de mêlée a ses habitudes au TO XIII. Lui qui a grandi à cinquante mètres du stade, dans le quartier des Minimes. Il joue au club depuis ses 4 ans. « J’ai suivi mes deux grands frères (des jumeaux). Ma mère n’avait pas le permis donc elle nous amenait tous au même endroit. Je ne voulais pas faire du rugby au début, mais plutôt du judo ». Pourtant, dès son premier entrainement, Mourad y prend goût. « J’ai dis à ma mère : je veux continuer ! ». Au rugby, il s’amuse bien. Le jeu, les copains, « et le goûter à la fin », rigole-t-il.

Mourad Kriouache fait toutes ses classes au Toulouse Olympique. A 13 ans, le Stade Toulousain lui fait les yeux doux. « Je ne connaissais pas du tout le rugby à XV. Mes copains m’ont dit : vas-y, prends ta chance ! ». Il y restera 3 ans. Sans ses amis du XIII, le rugby n’a pas la même saveur. « Je ne me sentais pas à l’aise », confie-t-il.

Cinq ans plus tard, Mourad quitte Toulouse. Direction le pays du rugby à XIII : l’Angleterre. Il s’entraine avec le club Londonien des Harlequins (aujourd’hui London Broncos), et joue le week-end avec l’équipe réserve, les Londons Skolars. Là-bas, Mourad est seul. « Montre nous ce que tu sais faire et on t’acceptera ou pas », c’est le credo britannique. Il passera 4 mois sur les rives de la Tamise. « J’avais la possibilité de rester, mais ma vie à Toulouse me manquait trop ».

Mourad Kriouache — Photo Luc Brisson

Un Olympique peut en cacher un autre

Retour en bord de Garonne pour Mourad. A 18 ans, il veut désormais jouer avec les pros. Mais Toulouse ne lui offre pas cette opportunité. Au contraire de Carcassone. Mourad accepte de rejoindre la ville fortifiée à une condition : que son frère l’accompagne. « On a passé un an ensemble à Carcassonne. C’est ma meilleure année de rugby ».

Rentré à Toulouse, Mourad intègre l’équipe première. Puis, tout s’enchaîne. Champion de France Elite (2014, 2015) vainqueur de la Coupe de France (2014), sélectionné en équipe de France (2015). En 2016, le TO intègre la League One, la troisième division du championnat Anglais. Leader invaincu à l’issue de la saison, le club Haut-Garonnais est promu en Championship (2e division anglaise) où il évolue actuellement. « C’est dur de jouer en Angleterre, concède Mourad. Il pleut tous les week-ends là-bas, et les supporters poussent leur équipe au delà des limites ».

Mourad, l’équipe qu’il supporte, c’est l’Olympique de Marseille. « Je fais du rugby mais ce n’est pas mon sport préféré. Tu me mets un match de rugby et de foot, je vais regarder le foot ». Pourquoi avoir opté pour une carrière dans le ballon ovale ? « Le football, tu peux y jouer partout, répond Mourad. Il te faut juste un ballon. Ce n’est pas le cas du rugby. » Foot, rugby et même basket, le Toulousain varie les plaisirs. « Je regarde tous les sports chez moi ».

Le sport, mais pas que. Avec ses frères, il a ouvert un salon de thé, narguilé, à deux pas du Capitole. « Ça fait une activité à coté du rugby, je ne pourrais pas y jouer toute ma vie. Et puis les coéquipiers sont content, ça nous fait un endroit pour nous retrouver ». Les copains, toujours les copains.

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