Faustine Bauer, destin sur glace.

Faustine Bauer, 16 ans, pratique le hockey sur glace depuis ses quatre ans. En janvier dernier, elle a remporté la médaille d’argent avec l’équipe de France féminine des moins de 18 ans lors des championnats du monde en Pologne. Rencontre avec une passionnée.

Le hasard fait parfois bien les choses. Bauer, c’est le nom de famille de Faustine. C’est aussi la plus célèbre des marques d’équipementier de hockey. « C’est le pur hasard », sourit la toulousaine de 16 ans, équipée de la tête au pied par la marque. Longs cheveux blonds, sourire malicieux et yeux rieurs, Faustine Bauer est loin de l’image que l’on se fait du hockey sur glace. Cette passion pour ce sport de glisse, elle le doit à sa sœur. « Un jour mon père a décidé de l’inscrire à un club de hockey.»

Photo par Michaël Naulin.

Faustine suit alors les patins de son ainée, elle a quatre ans. Et c’est à Toulouse, pourtant terre de rugby, que la jeune Bauer va s’entrainer dans le club local. Un club qu’elle ne quittera plus.

Aujourd’hui, Faustine n’est pas sur la glace. Elle s’est blessée au poignet lors des championnats du monde en Pologne. Elle observe depuis les tribunes l’entraînement de ses coéquipiers. Car si elle joue avec l’équipe de France féminine, Faustine pratique le hockey depuis toute petite avec les garçons. « Ce sont les mêmes depuis que j’ai commencé. J’ai toujours été acceptée, ils ne m’ont jamais dit que j’étais nulle parce que j’étais une fille », explique-t-elle, reconnaissante. Elle-même l’avoue : « En apparence je suis féminine, mais dans le caractère, je suis un garçon manqué. »

Comme pour nous rappeler que le hockey sur glace est un sport de contact, la jeune athlète nous montre ses derniers trophées : « J’ai au moins six bleus sur les jambes ! » Dernier souvenir de Pologne, un bel hématome sous la mâchoire. « Un cadeau des danoises », rigole-t-elle. Les bleus, elle s’y est habituée. « Quand j’étais petite je faisais de la danse. Ma prof ne voulait pas de moi parce que j’avais tout le temps des bleus sur les genoux. Pour les cacher, ma mère me mettait des collants de couleur chair pour ne pas qu’elle les voit », s’amuse celle qui a donc rapidement arrêté la danse.

« De toute façon je n’ai jamais trop aimé les sports de filles. »

Une vie au rythme du hockey

Médaille d’argent autour du cou, cela fait seulement une semaine que Faustine est revenue des championnats du monde en Pologne. Elle y a passé deux semaines. Quand elle n’est pas en sélection nationale, elle joue avec les moins de 17 ans du Toulouse Blagnac Hockey Club et avec Les Rafales, l’équipe féminine sénior d’Occitanie. Un rythme difficile à gérer : « Le mardi j’ai entrainement jusqu’à 22 heures. Le lendemain je suis fatiguée mais je suis habituée à ce rythme depuis que je suis petite, j’arrive à me débrouiller », explique, sereinement, celle qui a également fait du ski en compétition. Demain, Faustine a bac blanc mais elle l’avoue, « j’ai fait l’impasse sur quelques révisions ».

En France, le hockey féminin n’est pas rémunéré. Rien à voir avec les États-Unis. Alors Faustine pense à son avenir. En première ES, elle souhaite devenir avocate. Mais pas question d’abandonner sa passion. « Étant donné que ce n’est pas rémunéré, je continuerais en loisir. » Un autre rêve l’anime : devenir entraîneur de hockey. Il y a des hasards qui durent toute une vie.

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