Ma vie de pelotari

Les pelotaris du Pôle Espoir de Toulouse n’ont qu’un rêve : porter haut les couleurs de la France. Ils ont entre quinze et dix-sept ans, des champions prêts à éclore. Reportage sur ceux qui ont choisi de faire de la pelote basque un mode de vie.

Bastien Quintana, entraîneur du Pôle Espoir et pelotari du Pôle France

« Ce n’est pas celui qui tape le plus fort qui gagne. » Bastien Quintana balaie d’un revers les idées reçues sur sa discipline. Voilà deux saisons que le pelotari de 25 ans entraîne le Pôle Espoir de pelote basque. Sous ses ordres, les quinze athlètes s’efforcent de peaufiner leur technique à raison de quatorze heures par semaine. Un quotidien rythmé par une passion qui ne devient atypique qu’une fois l’Occitan dépassé. « C’est un sport ancré dans la culture du Sud-Ouest. Petit, tout le monde fait du rugby ou de la pelote, parfois même les deux ! » explique l’entraineur, déplorant le faible engouement que suscite sa discipline dans le reste de la France. Ce lundi matin, c’est une séance dédiée à la baline et à la pala corta qui attend Alice, Bastien, Camille, Matteo, Mathieu et Bastien. Deux des trois spécialités essentiellement travaillées au sein du Pôle, la dernière étant la paleta cuir. Chacune est dotée d’un instrument spécifique, qui s’apparente à une raquette de bois sans cordage plus ou moins lourde. La pelote utilisée peut être en gomme mais aussi en cuir selon la discipline. Les frappes s’enchaînent, le crissement des baskets des joueurs résonnent dans le Complexe des Argoulets. « Adresse, ambidextrie, coordination, lecture du jeu, explosivité… » Bastien Quintana peine à s’arrêter lorsqu’il énonce les qualités requises d’un bon pelotari. Encore moins lorsqu’il s’agit de décrire le potentiel de ses joueurs : « Ils forment une très bonne génération. Techniquement ils sont à l’aise, mentalement c’est des compétiteurs. Tous les week-ends ils se déplacent pour les compétitions, ils ont appris à faire plus de sacrifices que les autres, c’est un vrai choix de vie. »

La technique comme mot d’ordre

Matteo disputera la finale du Championnat de France de pala corta ce week-end.

Matteo s’exerce à la pala corta, casque et lunettes de protection sont obligatoires. Ce week-end le jeune homme de 17 ans disputera la finale du Championnat de France. Un an après être entré au Pôle Espoir de Toulouse, Matteo est presque surpris par sa propre progression. « Je suis passé d’un entraînement par semaine à quatorze heures… J’ai beaucoup évolué tant physiquement que techniquement, c’est une chance d’avoir de telles conditions de travail. » avoue-t-il. En trinquet, mur à gauche comme en fronton, les aspect tactique et technique d’une partie de pelote sont cruciaux. C’est même ce qui permet aux filles de surpasser leurs partenaires d’entraînement masculins lors de face à face… Le marquage au sol qui délimite le terrain constitue autant de zones dans lesquelles les pelotaris tentent de coincer leur adversaire. Chaque jour, les mêmes gestes défensifs sont répétés par les joueurs pour qu’ils deviennent des automatismes. La séance touche à sa fin, le silence tout juste installé est rompu par les éclats de rire. Bien qu’ils soient concurrents la plupart du temps en compétition, les jeunes pelotaris du Pôle Espoir n’en restent pas moins un groupe soudé. Soudé par un même mode de vie parfois lourd à supporter. Soudé par une même envie de briller au Championnat du monde -22 ans d’ici quelques années.

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