Arsen Goulamirian : « Ce combat, c’était ma vie »

Samedi 24 mars, Arsen Goulamirian devient champion du monde WBA des lourds-légers. Entouré de ses frères, le Toulousain d’adoption reçoit le titre le plus important de sa carrière. Résultat de quinze années de sacrifices, c’était le combat de sa vie.

Sa mère n’a pas regardé le match, trop difficile de voir son fils encaisser les coups. « Elle ne regarde jamais mes combats. Elle monte dans sa chambre et attend la fin pour connaitre le résultat. » raconte Arsen Goulamirian, attendri. À 30 ans, le boxeur lui dédie chacune de ses victoires. C’est bien de son amour maternel qu’il puise cette force qui le caractérise sur le ring. Fuyant la guerre en Arménie, celui que l’on appelle aujourd’hui « Feroz » débarque en France à l’âge de 7 ans. Arsen et ses frères sont élevés par leur mère qui, tant bien que mal, comble l’absence de son mari décédé. « C’est grâce à elle que j’ai réussi à être l’homme que je suis aujourd’hui. » Déjà bagarreur dans la cours d’école, le toulousain a fait de la boxe son exutoire. La ceinture mondiale qu’il brandit au Palais des Sports de Marseille après avoir battu Ryad Mehry, est le résultat de quinze années de travail.

« Tu ne perds jamais, tu apprends toujours »

Arsen Goulamirian apprend à boxer auprès de Mohamed Bennama. Au Blagnac Boxing Club, l’Arménien balaye ses partenaires de sparring. Très vite ses premiers combats professionnels se profilent. Bien que jonglant entre ses épiceries de nuit, son travail de videur de boite de nuit et ses entraînements, le boxeur enchaine les victoires. Il deviendra le « Tank de Blagnac ». « Je battais des gars qui s’entrainaient deux fois plus que moi ! Les promoteurs ont commencé à s’intéresser à moi et j’ai décidé de vendre tous les commerces que j’avais pour me concentrer à 100% à la boxe. » Pari risqué mais gagnant. Le « petit gros » qui poussait les portes du club blagnacais pour la première fois à 14 ans est aujourd’hui champion du monde. Un titre qu’aucun Français n’avait réussi à remporter depuis Jean-Marc Mormeck. Un titre que personne n’aurait pu lui arracher ce samedi 24 mars. Le Toulousain d’adoption n’aime pas perdre, qu’importe les sacrifices. Même s’il lui faut quitter sa ville et sa famille pour s’exiler aux Etats-Unis. « Pour préparer le combat contre Ryad, j’ai raté des anniversaires, des mariages, des fiançailles… Pendant deux mois je n’avais personne autour de moi. Mais ça m’a donné de la force. Je me suis dit « c’est mon adversaire qui me prive de tout ça, donc il faut que je le bouffe ! » »

Entrainement, entrainement, entrainement

Il se décrit lui-même comme bosseur. Pourtant, le mot parait faible quand Arsen Goulamirian commence à détailler le programme de sa préparation. Isolé à 2500 mètres d’altitude en Californie, le réveil sonne à 5h30 au centre de préparation de Big Bear Lake. Là-bas, Abel Sanchez prépare les meilleurs boxeurs de la planète. « Que des numéros 1 ou 2 mondial. Sanchez ne prend personne d’autre. » Rares sont les divertissements dans ce temple de la boxe. À raison de trois entraînements quotidiens, il est surtout difficile de trouver l’énergie de faire autre chose que boxer. « En deux mois, j’ai vraiment compris ce que voulait dire le mot souffrance. J’ai fait plus de 110 rounds de sparring ! J’avais trois adversaires différents qui avaient le temps de récupérer entre les rounds, pendant que moi je continuais à combattre. » Endurci physiquement et mentalement, Arsen Goulamirian n’a fait qu’une bouchée de Ryad Mehry. Son travail a payé, c’est à l’issue du 11e round qu’il décrochera le titre mondial WBA. Vainqueur par K.O.

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