TO-Toronto : la mécanique canadienne l’emporte

La confrontation entre le jeu toulousain et la machine torontoise a basculé en faveur des visiteurs tandis que le TO courait après le score.

Fort de sa victoire à Londres, le TO espérait poursuivre contre Toronto dans ce choc du Championship, retransmis en France et au Canada. Plus de 3500 spectateurs s’étaient déplacés à Ernest-Argelès pour assister à la confrontation et profiter du temps clément.

L’épreuve de force

Un score encore vierge après dix minutes, le public toulousain en avait perdu l’habitude. L’issue de ce round d’observation lui plaira encore moins puisqu’il marque le début d’une phase d’occupation de la meute torontoise. Un en-avant des Olympiens rend une première munition intéressante, renforcée par une première pénalité. Dans un premier temps, la muraille toulousain tient, se relance même mais, sur une passe ratée rend le ballon. Deux nouvelles pénalités permettent aux Canadiens de presser et tandis que le TO est contraint de se dégager. Une éclaircie vient sur une contre-attaque puisque le TO redécouvre le camp adverse mais elle est de courte durée : une nouvelle faute toulousaine, la quatrième en moins de dix minutes ramène Toronto dans le demi-terrain olympien. Un premier franchissement, un débordement à gauche et le jeu repart à droite où Pownall à l’aile peut conclure (0-6, 19e).

La défense toulousaine se ressaisit immédiatement, obligeant Toronto à se dégager, en touche comme ils le feront tout le match. Avec une pénalité, le TO repart des 30 mètres adverses mais une mauvaise passe, un ballon qui traîne, Rawsthorne ramasse et transmet à Kay qui file à l’essai sans être rejoint. Le TO est sanctionné sans pitié pour son erreur (0-10, 23e). Sanctionné mais pas sonné. Loin de baisser les bras, les joueurs de Sylvain Houlès mettent les Ontariens sous pression. Sur la relance, ils commettent un en-avant qui donne une mêlée à 12 mètres pour nos joueurs. L’interception est proche mais c’est finalement un nouvel en-avant. L’action se développe à droite mais repart au centre où Hepi, fraîchement rentré, transmet à Curran qui peut aplatir à son tour (6-10, 27e).

Toronto reprend l’initiative suite à un nouvel en-avant olympien, à 40 mètres de notre ligne. Après cinq longues minutes d’occupation où les Toulousains ont dû se dégager sous les poteaux par trois fois, la défense finit par céder aux assauts, Rawsthorne refait le break (6-14, 37e). Vient ensuite le tournant du match. À la suite d’une interception au milieu du terrain, le TO se retrouve à jouer un cinquième tenu dans les 5 mètres adverses. Une passe sautée vers l’aile droite semble offrir un essai aux Toulousains mais elle est jugée en-avant – et c’est fort possible – par l’assistant de M. Smith. Le Wolfpack repart avec une mêlée sur ses 10 mètres alors qu’il reste 90 secondes et autant de mètres à remonter. Improbable, n’est-ce pas ? Sauf que les Olympiens se mettent à la faute au milieu du terrain, Toronto trouve une touche à 25 mètres et, fatalement, Ackers, sur une feinte de passe, s’ouvre la voie royale juste avant la sirène (6-20, 40e).

Le TO partait de trop loin

Le deuxième acte se présente mieux. Sur sa première possession le TO s’enfonce déjà dans le demi-terrain canadien. Après un cinquième tenu aux 25 mètres, le capitaine Planas franchit mais se fait rattraper par une cuillère. Ne perdant pas le ballon, le TO contraint son adversaire à un dégagement sous les poteaux. Sims par deux fois se met à la faute, ça chauffe pour la défense du Wolfpack mais un en-avant à moins de cinq mètres redonne de l’air aux visiteurs. Les Olympiens insistent, Kheirallah trouve Maurel qui file dans l’enbut mais il ne peut aplatir avant d’être éjecté en touche. Toronto peut se relancer et vient à son tour occuper. Un nouveau ballon perdu en début de chaîne par le TO, une nouvelle munition offerte aux Canadiens, un nouvel essai marqué par Rawsthorne. La dynamique était olympienne mais le réalisme est torontois (6-24, 53e).

Malgré ses erreurs, le TO n’abdique pas et c’est là ça plus grande qualité – plus encore que le jeu qu’il sait déployer. Repartant à l’assaut, il pousse les loups à la faute. Deux pénalités lui permettent de peser sur la défense de Toronto. Finalement, après avoir balayé la ligne, c’est Boyer qui trouve la faille (12-24, 57e). Après quelques attaques pour les deux équipes, on retrouve le TO et notamment Paul Marcon qui doit faire preuve de dextérité pour rattraper une mauvaise passe. Il déborde sur l’aile droite et transmet à Kheirallah qui donne à Robin (18-24, 67e). Le TO n’est plus qu’à un essai transformé !

Les offensives s’enchaînent de part et d’autres, le TO semblant aller un peu plus loin dans le camp adverse sans se montrer menaçant. Finalement, c’est une faute toulousaine qui permet à Toronto d’occuper le terrain et, après une belle progression jusqu’aux dix mètres, de tenter un drop pour renvoyer Toulouse à plus d’une possession de retard. Pourtant, à 20 mètres face aux perches, Brierley manque la cible. Peut-être plus frais (Toronto a joué plus tard vendredi), le TO XIII investit à nouveau le terrain adverse. La première attaque ne donne rien mais, sur la suivante, et après le cinquième tenu, Bastien Ader trouve Tony Maurel sur son aile gauche. La transformation ne passe pas (22-24, 77e). Le TO pousse encore et encore ; Marcon est repris à 5 mètres de la ligne. On joue encore après le cinquième tenu mais le TO recule et perd la balle sur une mauvaise passe qui file en touche. Les Canadiens, mis sous pression, ne parviennent à garder longtemps le ballon mais trouvent une touche dans les 30 mètres toulousains. Avec 46 secondes restantes, le TO tente, remonte le terrain mais la sirène retentit peu après qu’il a franchi la ligne médiane. Toronto exulte : le Wolfpack est premier et vient de battre ses deux premiers poursuivants en quatre jours.

Feuille de match

Toulouse Olympique XIII – Toronto Wolfpack : 22-24 (6-20 m.t.)
Stade Ernest-Argelès, 3.515 spectateurs
Arbitré par Jack Smith.

Toulouse Olympique XIII
Titulaires : Kheirallah ; Maurel, Ader, Planas, Marcon ; Robin, Ford ; Rapira, Marion, Canet ; Mika, Curran ; Bentley.
Remplaçants : Kriouache, Boyer, Hepi, Pettybourne.
Entraîneur : Sylvain Houlès.

Toronto Wolfpack
Titulaires : Laulu Togagae ; Pownhall, Worthington, Rawthorne, Kay ; Wallace, Brierly ; Buchanan, Ackers, Emmit ; Bussey, Whiting ; Hopkins.
Remplaçants : McCrone, Sims, Sidlow, Maitua.
Entraîneur : Paul Rowley.

Points
TO XIII : 4 essais de Curran (26e), Boyer (56e), Robin (66e) et Maurel (76e), 3 transformations de Kheirallah (27e, 57e, 67e) ;
Toronto : 5 essais de Pownall (18e), Kay (22e), Rawsthorne (37e, 52e) et Ackers (40e), 2 transformations de Brierley (19e, 40e).

Réactions

Paul Rowley, l’entraîneur du Wolfpack, savourait cette victoire et particulièrement la première période où son équipe a su faire ce qu’il attendait. Puisque le TO XIII est très bon quand il organise le jeu à sa façon, il fallait l’en empêcher. Pousser Toulouse à défendre, réussir ses passes – Toronto aurait 95% de passes réussies dans le premier acte – et occuper le terrain. Et si les Olympiens sont revenus ensuite, son équipe a bien tenu. Le temps passé dans le camp adverse était une des clés du match. Enfin, la pression ciblée sur Johnathon Ford, privait le meneur toulousain de temps et d’espace pour orienter le jeu.

Sylvain Houlès pour sa part regrette les opportunités manquées, particulièrement après la pause. La densité physique de Toronto et la qualité de sa défense est impressionnante. 

Sébastien Planas : « On savait que c’était une équipe très dense physiquement. On a essayé d’entamer un bras de fer qu’on a perdu parce qu’on perdu trop de ballons et fait pas mal de fautes. En première mi-temps, on n’a fait que défendre. N’importe quelle équipe contre eux, avec la possession qu’ils ont eu en première mi-temps aurait pris plus de points que ça. On a été bons sur la ligne malgré des erreurs. Ensuite, on a une grande force de caractère ; on est revenus sur nos basiques, notre jeu. Et on passe à côté… Ils ne font pas de faute, c’est une machine. On est une équipe, on saura rebondir. »

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