Fin de match incroyable, scénario cruel

Que ce fut beau, que ce fut intense. Ça aurait pu devenir irréel, mais ce soir la défaite est cruelle pour le Fenix Toulouse Handball.

Je souhaite à tout les amoureux du handball de vivre deux minutes comme le Palais des sports de Toulouse vient de nous offrir.  Si le Fenix perd ce soir de grandes chances d’être européen, il aura le mérite d’avoir offert un spectacle exceptionnel, d’une émotion rarissime à ce niveau.

Le 7 de départ toulousain : Perišić, Tribillon, Pettersson, Solé Sala ; Gilbert, Ternel, Prybylski.

Le match

Devant un Palais des sports quasiment plein, le Fenix fait une entame de match catastrophique. Mené 0-3 après 1’20, les locaux sont victimes de leurs faibles fixations, face à une défense adverse haute et agressive. Les forces s’équilibrent rapidement mais les attaques placés sont longues et poussives. Chambéry fait la course en tête, derrière, Toulouse fait le yoyo entre 1 et 4 buts de retard, mais manque 4 fois l’occasion d’égaliser. Le Fenix tente alors de jouer à 7, et vire à la pause avec seulement 2 buts d’écart. Un score logique au vu des intentions des locaux, mais normal face à la densité défensive de Chambéry.

Le début de seconde période est de nouveau catastrophique, le Fenix encaisse rapidement deux buts, ce qui force Philippe Gardent à poser un premier temps mort après seulement 1’30. Ce dernier fait son effet, les Toulousains réagissent mais poursuivent leur yoyo. Yassine Idrissi dans les buts et Gaël Tribillon à l’aile remettent Toulouse dans le droit chemin. Une nouvelle fois Toulouse manque ses occasions d’égaliser. On pense à des maladresses, comme la perte de balle cadeau d’Arnau García, ou certaines relances manquées, terrible à ce niveau-là.

La dernière minute

Il reste une minute à jouer, le Fenix est mené de 3 buts, le match était normalement plié, seulement… Seulement le contexte se prête à l’exploit. Tout d’abord les visiteurs viennent de subir 2 fois 2 minutes. À seulement 4 défenseurs contre 6 attaquants, Romain Ternel trouve une première fois la faille, avec un tir compliqué qu’il glisse entre les jambes de Yann Genty. Ensuite Chambéry tente de tricoter, mais Toulouse défend malicieusement le coup et récupère la balle. Action rapidement mené et conclu par le jeune Tribillon à 15 secondes de l’heure de jeu. Les gradins sont déchaînés, et tout le monde se met à y croire. Seulement 15 secondes c’est peu, très peu. Et pourtant à seulement 6 secondes du terme, Toulouse récupère une deuxième fois la balle. Arnau Garcia entame une remontée de balle plein axe qui semble interminable. Il se jette dans la défense, et subit une faute. Sur la sirène, les arbitres se concertent et accordent le penalty. Nemanja Ilic, blessé mais sollicité plusieurs fois ce soir dans l’exercice du jet de 7 mètres s’avance devant des tribunes désormais en fusion. Face à lui, l’imposant Yann Genty s’avance de 3 bons mètres par rapport à sa ligne. Une première feinte du Serbe mais le gardien reste impassible, puis il tire à mi-hauteur, juste à côté des jambes du portier, seulement Genty envoie sa main gauche à cet endroit-là, et froidement, il éteint le Palais des sports et fait exploser de joie son équipe.

Réaction

Philippe Gardent : « Cette défaite est amère, mais un match nul ou une victoire aurait été un hold-up. On est à la traîne tout le match, on est trop fébrile à certains moments. Sans nos deux ailiers titulaires, on peine dans notre rotation. Ce soir, il nous manque un peu de tout. Concernant la coupe d’Europe, tant que mathématiquement ça ne sera pas fini, on ne lâchera rien on a trois gros matchs au calendrier. »

Les meilleurs

Toulouse : Tribillon 12 buts (sur 15 tirs), Idrissi 9 arrêts.

Chambéry : Mindegia 5/7, Marescot 4/5, Genty 7 arrêts.

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