L’homme le plus fort

Thibaut Lely est un strongman. Tracter un bus de ses propres mains ne l’effraie pas. À 29 ans, l’Albigeois fait partie de cette catégorie d’athlètes hors-norme qui reviennent à l’essence même de la démonstration de force.

« Avant d’être un sportif, je suis un homme de spectacle. » Voilà comment Thibaut Lely définie sa discipline. En effet, les premiers strongmen apparaissent dans les cirques et tavernes au début du XIXe siècle. Ces véritables showmen, redoublaient d’inventivité pour impressionner un public médusé devant leur puissance. Ainsi, l’homme le plus fort était capable de plier une barre d’acier, de briser des chaînes ou encore de porter à bout de bras une charge dépassant les limites de l’entendement. Aujourd’hui, seule une vingtaine de Français s’adonnent à cette passion atypique.

Une revanche sur la vie

14 heures, sous un soleil de plomb, Thibaut Lely arrive à l’une des six salles de CrossFit dans lesquelles il s’entraine et coache. Avec précaution, le strongman aligne les boules de béton spécialement moulées pour sa préparation physique. Leur poids varie de 35 à 120kg. C’est à bout de bras que l’Albigeois les élèvera une à une. La comparaison avec le titan Atlas portant le monde sur épaules est inévitable. À raison de quinze heures d’entrainement par semaine et de 6000 calories ingurgitées par jour, Thibaut Lely s’est forgé un physique hors-norme. 1,88 m pour 140 kg, le crâne rasé, une barbe foisonnante, le Midi-Pyrénéen a tout du viking. Sa force de caractère transparait dans sa façon de parler, sa sensibilité se lit dans son regard. Devenir un strongman est sa revanche sur la vie. « À quinze ans j’ai eu un cancer. Pendant deux années j’ai subi une chimiothérapie. J’étais très affaibli, tout m’était devenu difficile, même soulever une fourchette… » Alors le voir avancer avec près de 60 kg dans chaque main apparait comme un pied de nez à la maladie.

Une source d’inspiration pour les jeunes

Thibaut Lely a les mains badigeonnées de cire pour mieux agripper les « stones » de béton. Il lui est impossible de toucher quoi que ce soit d’autre. Sa compagne, Pauline Castillo, l’assiste. Avec délicatesse la jeune femme lui glisse sa barbe dans le col de son tee-shirt. De temps à autre, cette dernière le filme pour alimenter ses réseaux sociaux. Le strongman est suivi par quinze mille abonnés sur Instragram et YouTube. Une véritable communauté s’est créée autour du personnage de « Titi ». « Mon objectif est de faire découvrir ma discipline à un maximum de personnes et bien sûr les réseaux sont très importants. À travers mes publications, j’essaye aussi d’être une source d’inspiration pour les jeunes et les personnes malades. Je leur montre qu’avec de la volonté, tout est possible. » Pendant près de deux heures, l’Albigeois multiplie les exercices de force. En septembre, Thibaut Lely participera à sa première compétition internationale. C’est sans relâche qu’il s’y prépare.

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