Août 89, le bon départ !

Le TFC, alors entraîné par Pierre Mosca, fait tomber l’ogre marseillais de Tapie, celui qui allait faire rêver toute une génération de supporters.

L’Ohème con !

Comment expliquer à la nouvelle génération, ce que représentait l’Olympique de Marseille en 1989 ? Le fantasque et controversé président Bernard Tapie tente alors de construire à coup de millions de francs, une équipe capable de gagner la Coupe des clubs champions. Aucun club français n’y est parvenu alors. Même Diego Maradona est cet été-là, à deux doigts de signer chez les Olympiens. Il n’en sera rien, sans doute effrayé à l’idée de revenir dès la 3e journée de Division 1, dans un stade qui ne lui a pas porté bonheur trois années auparavant, le Stadium municipal de Toulouse.

Waddle, Germain, Mozer, Sauzée, Di Meco, Castaneda, Tigana, Papin, Francescoli, Deschamps, Amoros

Plus sérieusement, dès l’entame du championnat, le 21 juillet, Marseille frappe fort : une victoire 4-1 à Gerland, face à Lyon.
Le site historique om4ever.com écrit même : Ensuite, le spectacle continue et le Vélodrome va voir l’équipe de l’OM la plus spectaculaire ayant jamais foulé le sol marseillais avec Francescoli, idôle de Zinedine Zidane, Waddle et Papin !

Nous verrons même les débuts d’un certain Didier Deschamps en provenance de Nantes. Sauf que le 3 août à Toulouse, il n’était pas encore là, à l’instar de la nouvelle recrue, Enzo Francescoli.

 

Ô Toulouse !

13e la saison précédente, le club du regretté Marcel Delsol débute sa saison par une belle victoire face à Mulhouse (3-0) mais subit une défaite cinglante sur le terrain de Lyon (3-0). Cette autre Olympique balayé par les Marseillais à Gerland 1-4 ! Il va sans dire que les hommes du capitaine sorcier Beto Marcico appréhendait la venue d’une des meilleures équipes européennes de l’époque !

Pourtant, cela faisait 30 ans que Marseille n’avait plus gagné en terre violette. Le journal L’Équipe et son envoyé spécial écrivent : trente ans que l’OM vient se planter à Toulouse. Et l’on ne voit pas avec quelle autre équipe Marseille pourrait mettre un terme à cette fichue coïncidence (seul Tigana étant né en 57 pour la der).

Quand aujourd’hui on observe de près cette équipe, elle a vraiment un beau visage et des noms dont on parle encore dans le milieu de foot ! Baup avec la coupe mulet à la Waddle, Da Fonseca, Passi et Jean-François Hernandez le père de Lucas, champion du monde cet été.

1e rang : Fouka, F.Passi, G.Passi, JP Durand, Mosca (ent), Delsol (pdt), Marcico, Assadourian, Da Fonseca.
2e rang : Andreu (dir.ad), Condouret (doc), Meunier (kiné), Debu, Paillard, Pavon, Lestage, Baup (formation), dir formation.
3e rang : Huc, Ruty, Fernandez, Rodor, Broca, Khidiyatullin, Despeyroux, hernandez, Reichert, Pedemas.

Deux occasions, deux buts

Après avoir emballé le début de match, le match semblait déjà ficelé avec un but de Waddle dès la 6e minute. Papin et ses coéquipiers donnaient une leçon de choses à des Toulousains à côté de la plaque et surtout complètement dépassés par les évènements.

Despeyroux dira On devait faire des efforts incroyables pour ne serait-ce qu’être au niveau. Francis Andreu, le directeur administratif du TFC est très inquiet.

Dessault écrit pour résumer le retour toulousain :

Il (Andreu) se demande comment cela va se terminer. Mais par une véritable raclée, mon bon ami. Elle pendait au nez du TFC. On l’attend toujours. Si, à quelques signes, on avait bien remarqué côté marseillais un confort moral, on a cru percevoir une certaine suffisance, un gros embonpoint de satisfaction et un plaisir à vouloir en mettre plein la vue au gars d’en face.

En deux occasions, Toulouse l’emportera dans un stadium ivre de bonheur (l’OM n’ayant pas encore son armée de supporter sur place). Reichert, l’ancien de Strasbourg à la 14e profite d’une erreur de Mozer et Passi à la 36e minute reprend un ballon de Marcico repoussé par Huard. Leçon de réalisme des joueurs à la tunique violette et blanche, deux occasions – deux buts.

Marseille poussera en seconde période, Papin peu servi restera muet. Au final les 28.094 spectateurs assistent à une victoire historique pour Toulouse et à une défaite salvatrice pour l’OM. Gili dira que Marseille a manqué d’humilité et que cette défaite les ferait revenir sur terre. Le club Phocéen réussira selon les observateurs et spécialistes, la meilleure saison de l’histoire du club, échouant en demi-finale de la Coupe d’Europe. Ils seront battu d’un but de la main, la célèbre main de Vata mais finiront champion de France, le Téfécé terminant 9e.

Pour l’anecdote, le TFC perdra 6-1 au match retour … Gageons que ce soir, les Violets soient plus inspirés !

Feuille de match :

28.094 spectateurs. Arbitré par M.Delmer.

Buts : Reichert (14e), Passi G (36e) pour Toulouse ; Waddle (6e) pour l’OM.

Avertissements : Despeyroux (40e), Khidiatouline (50e), Delpech (54e) pour Toulouse ; Tigana (39e), Di Meco (40e), Sauzée (86e) pour l’OM.

Toulouse : Huc, F.Passi, Lestage, Khidiatouline (Fernandez 56e), Debu, Despeyroux, Paillard, Delpech, G.Passi, Reichert, Marcico. Ent : Mosca.

Marseille : Huard, Di Meco, Roche, Mozer, Amoros, Sauzée, Tigana, Eyraud (Micciche 62e), Papin, Vercruysse, Waddle. Ent : Gili.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.