Faire de ses faiblesses une force

A 23 ans Assia Touati a participé à ses premiers Championnats d’Europe de natation, cet été à Glasgow. Celle qui a commencé à nager pour soigner son asthme a réussi à intégrer l’équipe de France seulement quelques mois après s’être remise d’une fracture à la cheville.

Ce jeudi 13 septembre, à 10 h 30, le bassin de 50 mètres de la piscine Castex est en ébullition. La section haut-niveau des Dauphins du TOEC a repris l’entraînement depuis le début de la semaine. Parmi les nageurs des groupes Espoir et Elite qui enchaînent les longueurs, quatre ont participé aux Championnats d’Europe de Glasgow en août dernier (1). Mais seulement une est revenue médaillée à Toulouse, Assia Touati. Celle-ci a remporté le relais 4 x 100 mètres Nage Libre avec ses coéquipières Charlotte Bonnet, Béryl Gastadello, Marie Wattel, Margaux Fabre et Anouchka Martin. A la simple évocation de cette course, qu’elle a vécue en tant que spectatrice, les yeux de la nageuse s’illuminent : « J’étais plus stressée en étant dans les gradins, que le matin au bord du bassin quand j’ai nagé les séries [de qualification]. Notre titre est le fruit d’un vrai travail d’équipe. Même si mon nom n’apparaît pas dans les journaux, j’ai quand même participé à cette victoire en évitant aux finalistes de nager deux fois dans la journée. Elles ont pu se reposer pour performer le soir », explique-t-elle en serrant entre ses doigts le bracelet offert par la capitaine de l’équipe de France féminine, Mélanie Hénique, lors de leur arrivée à Glasgow.

Un hiver marqué par une blessure

Les bretelles orange fluo de son maillot détonnent dans l’eau assombrie par la grisaille du matin. Avec une puissance teintée de délicatesse, ses bras transpercent l’eau. Cet hiver, handicapée par une fracture à la cheville survenue en cours de basket dans le cadre de ses études en STAPS, Assia Touati a été contrainte de se concentrer sur le renforcement du haut de son corps. Sa technique de bras en crawl était justement l’une de ses faiblesses. Forcée d’utiliser le moins possible ses jambes à l’entraînement, la jeune nageuse de 23 ans était emplie de doutes. « Je ne savais plus nager, je n’y croyais plus. Mais Walter [Monbergé, son entraîneur] m’a poussée à avoir confiance dans mon travail de progression et à ne plus uniquement me concentrer sur le chrono. C’est grâce à lui que je suis arrivée jusqu’ici et que l’équipe de France m’a fait confiance. » Décrite comme étant « bosseuse » et une éternelle insatisfaite par ce dernier, Assia a finalement réussi à faire de ses faiblesses une force. « Sa blessure a été un mal pour un bien », affirme même Walter Monbergé. La sportive utilisera d’ailleurs cette expression pour décrire son asthme qui, à l’âge de 8 ans, l’a obligée a commencé la natation sous les conseils de son médecin de Sarralbe (57).

Les Jeux Olympiques dans dix-huit mois

Bien que la reprise soit dure après les vacances d’été, la bonne humeur règne à la piscine Castex. Pendant les prochains quinze jours, les groupes Espoir et Elite travailleront ensemble afin de resserrer leurs liens. Et l’objectif semble être d’ores et déjà atteint vu les joyeuses taquineries lancées à Assia au sujet de son titre européen. Mais dès fin septembre, les plus âgés reprendront leurs entraînements spécifiques avec Walter Monbergé et Philippe Miomandre. Les deux coachs s’accordent pour dire qu’il reste encore beaucoup de travail pour que leurs nageurs se qualifient aux Championnats du monde de 2019 puis aux Jeux Olympiques en 2020. « Pour Assia, intégrer le relais français était une bonne entrée en matière. Il ne faut pourtant pas oublier que nous recherchons avant tout une qualification en individuel. Il nous reste encore un vrai travail de fond à effectuer, aussi bien physique que technique. Il faut que le groupe ait en tête que les J. O. sont dans seulement dix-huit mois », martèle Walter Monbergé.« Les quatre qualifiés pour Glasgow ont du potentiel, c’est certain, mais s’ils ne progressent pas aucun ne participera pas aux mondiaux de l’été prochain », conclue Philippe Miomandre.

(1) Assia Touati (1ère au 4 x 100m NL et 4e au 4 x 200m NL), Alizée Morel (4e au 4 x 200m NL), Jonathan Atsu (6e en demi-finale du 200m NL et 6e au 4 x 200m NL), Lloris Borelly (6e au 4 x 200m NL).

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.